Douce Naissance  
Accueil   Contact  
Web www.doucenaissance.ca
Accueil
Revue de presse
Contact
Liens
Délices et délires Impression de la page

La culpabilité

Culpabilité : état de la personne coupable; sentiment par lequel on se sent coupable, qu’on le soit réellement ou non.

Coupable : qui a commis une faute, une infraction. Par ext. Personne responsable d’une mauvaise situation.

La culpabilité est un sentiment bien répandu parmi les mamans. Je pense que ce sentiment, sans être typiquement féminin, est fortement embrasé par les femmes en général. Syndrome de la superwoman dans un monde où les femmes devraient performer au-delà de ce qui est humainement possible.          On s’en demande beaucoup non? J’ai élaboré mes propres définitions de la culpabilité :

  • Sentiment généré par un manque d’estime de soi qui implique qu’on croit ne pas valoir la peine.

Cette définition, c’est pour celles qui se sentent coupables de prendre du temps solo. De se payer un massage. Ou une nouvelle blouse. Ou une paire de chaussures décente. Ou de passer une heure à lire un bon livre ou à dormir en plein milieu d’après-midi. Celles qui croient que si elles ne sont pas entièrement consacrées à leur famille ou à leur travail ou aux deux, elles ne valent rien.

Mais cette famille, justement, elle irait bien mieux si vous vous sentiez bien. Est-ce qu’il faudrait en arriver, avant de penser à soi, à tomber en dépression au point de ne plus pouvoir fonctionner, au point de regarder ses enfants avec dégoût? Non.

Personnellement, je suis une maman à la maison. J’ai deux enfants à l’école et la troisième est à la garderie, sauf une journée par semaine où nous allons ensemble à un atelier d’initiation à la lecture et à l’écriture. J’écris un peu, mais pas suffisamment pour justifier la garderie à plein temps. Je me fais masser deux fois par mois et j’ai une femme de ménage. Je fais du bénévolat à l’école quelques fois par mois et je suis disponible si quelqu’un est malade ou a un rendez-vous. Je suis responsable de la logistique de la famille.

Ça ne s’est pas fait en un jour. J’ai tranquillement appris à me donner le droit, à me réserver une part du budget, à accepter d’être imparfaite. Est-ce que je me sens encore coupable? Oui, un peu. Mais j’y travaille. Et je me sens beaucoup mieux dans ma peau et dans ma tête.



Publicité

J’ai fait un atelier avec Petite quand elle avait 9 mois. À la fin de la rencontre, la femme qui donnait l’atelier a remis à chacune des jeunes mamans participantes un petit mot personnel qui aurait pu être écrit par notre enfant. Sur le mien, que j’ai longtemps gardé sur la porte de mon réfrigérateur, il était écrit : « Maman, n’oublie pas de prendre du temps pour toi et d’accepter que tu as des faiblesses, sinon je ne pourrai jamais apprendre à respecter mes limites ». Ce mot, je vous l’offre à mon tour aujourd’hui.

  • Sentiment généré par un trop plein de confiance en soi qui implique qu’on se croit la seule à pouvoir tout faire à la perfection.

Chéri n’a plus de chemises propres lundi matin? C’est de votre faute. Le papier pour la garderie n’a pas été signé et pire, il a été égaré? C’est de votre faute. Enfant numéro 1 est convoqué au bureau du directeur de l’école? C’est de votre faute. Bébé a mordu un ami? C’est de votre faute.

De toute façon, quoi qu’il se passe, c’est vous la responsable. Si vous aviez été un peu plus à votre affaire, un peu plus concentrée, un peu plus près de vos enfants, un peu plus… un peu moins…

Chéri vous offre de passer l’aspirateur, vous refusez parce que vous craignez qu’il ne fasse les coins ronds. Fille Aînée veut laver la vaisselle (c’est possible, ça arrive chez moi), vous refusez parce que c’est « votre » responsabilité.

Vous avez peine à le croire, mais le monde peut tourner sans vous. Pas de la même façon que lorsque vous êtes là, mais il tournera quand même. De toute façon, croyez-moi sur parole, apprenez à déléguer et les autres apprendront le sens des responsabilités et de l’autonomie.

  • État généré par la crainte de ne pas être un parent parfait.

Vous travaillez? Votre enfant souffrira de votre absence. Vous êtes à la maison? Vous ne donnez pas le bon exemple à votre enfant en refusant d’apporter votre contribution à l’économie nationale. Vous dites non à votre enfant? Il vous détestera. Vous lui accordez tout? Il se sentira déséquilibré et insécurisé dans un monde sans limites.

J’ai appris qu’on ne pouvait pas élever de la même façon des enfants différents, je l’ai dit dans mon délire précédent. Mais je me suis longtemps sentie coupable de ne pas donner autant à un enfant qu’à l’autre.

Au début, je n’avais que Fille Aînée, elle a eu toute mon attention. Quand Coucoune est née, j’ai eu la chance de pouvoir laisser Fille Aînée à temps plein dans un CPE pour l’été et Coucoune a eu toute mon attention pendant ses deux premiers mois de vie. Et puis quand Petite est née, 20 mois après Coucoune, j’ai eu à gérer trois enfants en bas de 4 ans dont deux aux couches, un bébé très intense, une Fille Aînée en constantes demandes et une Coucoune en crise.

Je me sentais coupable de ne pas pouvoir donner à Petite la même exclusivité au cours de ses premiers mois de vie… jusqu’à ce que ma mère, dans sa Grande Sagesse, me rappelle que Petite avait la chance d’avoir deux grandes sœurs pour s’occuper d’elle.

Alors, mon sentiment de culpabilité s’est déplacé vers Coucoune. L’enfant-du-milieu. Pas la première, pas la dernière... quelle était sa place? Elle qui avait regardé avec tant d’admiration Fille Aînée, qui de son côté s’était prise de passion pour la petite dernière…

Un an et demi plus tard, Fille Aînée entrait à l’école. Les deux plus jeunes se sont rapprochées, Petite s’est mise à regarder Coucoune avec la même admiration que celle-ci dédiait à sa grande sœur. Elles sont devenues très complices. Tout s’est réajusté sans problèmes, et surtout sans moi.

Se sentir coupable c’est un sentiment qui ne mène nulle part. Sauf si on s’en sert comme tremplin. De la même façon que la peur peut être une bonne chose si on apprend à la dépasser, chercher à comprendre pourquoi on se sent coupable pourrait nous aider à progresser. Par exemple : je me sens coupable d’envoyer Petite à la garderie alors que je suis à la maison.

Constat : Petite est très heureuse à la garderie, avec des amis de son âge. Son éducatrice est en or, elle va jouer dehors tous les matins et fait du bricolage, chose qu’elle aime plus que tout au monde. Quand je vais la chercher le soir, je suis reposée et prête à passer un bon moment avec elle et ses sœurs.

De mon côté, je peux me reposer afin d’être en forme pour la soirée. Parce que j’ai fini par accepter de ne pas être parfaite et de ne pas pouvoir être performante 24/24, 7/7. Je peux écrire quand l’inspiration vient. Et je peux aller m’entraîner pour retrouver la forme.

Émilie C. Lévesque
Voir profil

Commentaires Vous avez des commentaires sur cette chronique ? Écrivez-nous, nous vous lirons avec plaisir.

Archives

L'ABC de la maternité
La culpabilité
Un, deux, trois. C’est simple. Je compte jusqu’à trois.
Maman, j’ai faim!
La comparaison ou l’art de
Langage fleuri
Grandir
Et moi, et moi, et MOI!!!
Je m'ennuie
Choisir (comment?)
De l'art de voyager avec des enfants
Aimer ses enfants, ce n'est pas suffisant
Vive le printemps !
[ Haut de page ]  
Saviez-vous que...
 
Accueil | revues de presse | Contact | liens
À propos de nous | Annoncer sur notre site | Nos partenaires | Ajoutez à vos favoris
Feniks Design
Valid XHTML 1.0 Transitional