Noël ! Noël ! Mais où donc est passé le Père Noël ?
La magie de Noël, les lumières, les dorures et les guirlandes, soupir sur nos Noël d’antan ! Souvenirs, souvenirs. Est-ce une période qui vous attriste ? Est-ce un moment de nostalgie. Plus nous vieillissons, moins le temps des Fêtes est festif. Mais la petite étincelle est toujours là, parce que cette lumière de Noël qui nous inspire, ce n’est pas seulement les éclairages des commerçants qui nous la donnent, mais c’est surtout au fond des yeux de nos petits-enfants qu’on la retrouve. C’est elle qui brille si fort, qu’elle fait taire toutes nos peines pour nous donner la joie, la magie et la féerie du temps des Fêtes.
L’autre jour, je l’ai vu naître dans les yeux de Charly. Dans un magasin à grande surface, nous arpentions les allées de décorations de Noël, à la recherche de petites guirlandes pour enjoliver la galerie, quand droit devant nous, se tenait dresser, un ensemble de personnages de Noël entièrement robotisés. Le Bonhomme de neige chantait Vive le vent, le Père Noël agitait ses clochettes, en riant grassement et le Renne au Nez Rouge ruminait d’impatience, en attendant le moment du grand départ, celui où il entraînerait le chariot du Père Noël. Il était ébahi notre Charly, bouche bé d’admiration, et tout plein de la joie de l’anticipation des présents et de la fête à venir.
Il a ce même regard, quand il nous tend des découpures de cahiers publicitaires, représentant les cadeaux qu’il a choisi de demander au Père Noël. Charly n’écrit pas encore, même s’il trace son nom, mais il a beaucoup d’imagination et a trouvé ce moyen pour informer le Père Noël, via son courrier, de ses souhaits. Milou, qui vient d’avoir dix ans, lui adresse elle-même l’objet de ses désirs. Ni l’un, ni l’autre ne sont attirés par les Pères Noël des centres commerciaux. Charly n’a même pas voulu s’approcher du Père Noël de Val-David, l’été où nous sommes allés dans son domaine. Il était bien petit, aujourd’hui il changerait peut-être d’idée. Quoi qu’il en soit, sa sœur sait qu’il existe parce qu’elle l’a rencontré, à Sainte-Adèle, le Noël de ses cinq ans.
Faut dire qu’ici Noël était assez particulier. À Sainte-Adèle, le Père Noël passait dans la nuit du 23 décembre. Il prenait de l’avance parce que le 24 il était chez les parents du père de son père et le 25 chez la grand-mère de son père. Il en fait des kilomètres le Père Noël. Cette année-là, nous venions de subir une grande perte. Mon mari nous avait quittés au début de l’automne. Il y avait déjà eu trop de deuils dans la vie d’Émilianne et nous voulions faire taire tous les mauvais souvenirs. On a fait un trait sur la tradition familiale et remit l’évènement au 24. La liste que nous avions remise au Père Noël était très longue. Il y avait beaucoup de demandes pour Émilianne puisque c’est par elle que passait la magie. Après avoir fait le tour de nos connaissances, nous avions finalement déniché un contact qui nous a présenté un délégué du Père Noël. Eh oui, le Père Noël a des représentants, il n’a pas le choix, puisque malgré tous ses talents il n’a pas le don de l’ubiquité. Ce clone était charmant et avait beaucoup d’imaginaire.
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Vers 17 heures, ma fille a préparé le terrain. Elle est sortie avec Milou, et ensemble elles ont lancé des poignées de grains magiques (blé, avoine – ce que nous avions sous la main- le tout agrémenté de paillettes dorées) pour attirer les rennes du Père Noël. Puisque la cheminé et trop petite pour que le Père Noël puisse s’y glisser, nous avions dégagé un long passage devant la fenêtre de la salle à dîner. Il ne nous restait plus qu’à attendre le Père Noël.
Lorsque la grande aiguille de l’horloge grand-père de la salle à dîner s’est posée sur le chiffre huit – eh oui, je sais, encore un bris de la tradition, mais Sainte-Adèle, c’est toujours aussi loin – et que le carillon eut terminé d’égrener le son du Big Ben, dans la fenêtre de la salle à manger, une lumière magique est apparue. Des milliers d’étincelles brillaient dans le noir. Milou regardait stupéfaite le Père Noël et son cortège de lumières scintillant la saluer par la fenêtre. Dès qu’il a disparu, elle s’est précipitée vers la porte, elle n’en revenait pas. Elle était toute trépignante, notre Milie-Milou. Elle était tellement énervée que lorsqu’elle a photographié le Père Noël, les clichés nous ont surtout montré ses bottes et une vue panoramique sur sa bedaine. Puis la distribution a commencé. Hélas, Père Noël était sérieusement grippé et il suait abondamment sous son lourd costume rouge et blanc. N’en pouvant plus, le brave homme a accéléré le mouvement. C’est à peine si Milou avait le temps d’ouvrir un paquet, qu’un autre apparaissait. C’est peut-être à lui que l’on doit la tradition du présent que l’on repêche à travers les emballages, parce que nos petits-enfants sont souvent plus intéressés par l’ouverture des colis que par le contenu – ça, c’est la vieille grincheuse en moi qui parle, peux pas m’en empêcher ! – quoi qu’il en soit, son passage même s’il a été rapide, tellement rapide que notre ami Réjean n’a pas pu le voir, occupé comme il était à soigner sa grippe au sous-sol, c’est même Milou qui lui a remis ses présents puisqu’il avait manqué l’événement… quoi qu’il en soit, dis-je, ce fût un moment inoubliable, magique et féerique de voir le Père Noël à travers les yeux d’Émilianne.

Dommage que nous ayons perdu ce contact, j’aimerai bien voir à nouveau cette lueur dans les yeux de Milou et aussi de voir la réaction de Charly. Qu’est-ce qu’il lui poserait comme question mon petit bonhomme… combien de kilomètres il a parcouru ? Si c’est long de traverser l’univers ? Et les étoiles c’est comment ???
Et vous, est-ce que le Père Noël sera chez vous cette année ? Connaissez-vous un de ses représentants ? Va-t-il illuminer le regard de vos petits-enfants ? Et Saint-Nicolas lui, où est-il ?
En cette période de l’avant Noël, je vous souhaite un très Joyeux Noël. Paix, bonheur, santé et prospérité et surtout n’oubliez pas de regarder Noël dans les yeux de vos petits-enfants !
Josée Pelletier
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