Pourquoi des douces naissances ?
Katia Luca
Parce que nous avons tiré de précieuses leçons du passé; parce que la sagesse et la médecine peuvent s’allier; parce que, que peut-il y avoir de plus doux que d’amener au monde, en toute simplicité, un être issu de nos entrailles ?
Traditionnellement, et ce, depuis le début des temps, les naissances étaient l'affaire des femmes. Des sages-femmes, des mères, des sœurs, des tantes, des voisines... de toutes les femmes. C'étaient elles qui s’occupaient de tous les aspects, allant des apprentissages divers sur la grossesse, l’alimentation de la mère, la préparation à la maternité (allaitement, habillement, etc.), à l'accouchement et l'adaptation à la vie de tous les jours. La sage-femme faisait accoucher, et l’entourage assistait.
L’accouchement était un phénomène naturel et merveilleux... mais la mère en délivrance souffrait, et souvent mourait...
Ce n’est qu’à partir du 15e siècle que les médecins, des hommes, s’en sont mêlés, jugeant jusque-là que c’était une affaire indigne de leur attention. Mais à partir de la fin du Moyen-âge, les femmes ont peu à peu perdu leur rôle au profit de « professionnels » accrédités. Ces métiers étant formellement interdits aux femmes, ces dernières étaient devenues des sorcières et devaient souvent être mises à mort.
L’accouchement était une punition qu'il fallait subir... Et la mère en délivrance souffrait, et souvent mourait... Au milieu du 19e siècle, les médecins ont découvert que leur hygiène était importante. C'est à cette époque que l'on commence à se laver les mains entre les visites. Jusque-là, et depuis toujours, le lien n’avait pas été fait. Les sages-femmes du passé infectaient la mère et son nouveau-né, préparant souvent des concoctions magiques ou des pansements dans lesquels on pouvait y trouver des toiles d’araignées, des excréments d'insectes, et autres. Les médecins de l’heure les contaminaient; les maladies provenaient soit de cadavres ou d'autres malades.
L’accouchement était un phénomène imparfait qu’il fallait améliorer... Et la mère en délivrance souffrait toujours, mais elle mourait moins souvent...
Dans les années quarante, tous les standards et les règles sont établis. L’accouchement à l'hôpital est l'idéal, sinon le seul vrai choix; c’est là que sont tous les outils nécessaires; là que se trouvent les médecins et la sécurité en cas de complications? Mais qui dit outils dits protocoles souvent barbares tels que confinement, rasage public, forceps, pour n’en nommer que quelques-uns.
L’accouchement était devenu une maladie qu’il fallait traiter... la mère en délivrance ne mourrait presque plus, mais elle souffrait encore...
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Dans les années soixante et soixante-dix, les gens désirent retrouver la connexion qu’ils avaient dans le passé avec le monde naturel; c’est aussi l’époque du retour de la sage-femme. Les cours prénataux sont en vogue, l’ère du New-Age commence, avec comme principale caractéristique le désir de choix alternatifs au niveau de l'alimentation, de la consommation, et aussi de l'accouchement.
L’accouchement est un phénomène naturel et merveilleux...la mère en délivrance souffre moins et a plus de choix... le père fait désormais partie du portrait et devient une figure importante dans la grossesse et l'accouchement...
Notre époque. Les sages-femmes sont une option, les médecins une autre, et l’union des deux a créé la doula moderne (qui trouve son origine dans les traditions africaines), cette femme qui accompagne les futurs parents, leur enseigne des techniques vieilles comme le monde pour diminuer la souffrance, augmenter la confiance, assurer un cheminement sécurisant qui incorpore les savoir-faire des médecins d’aujourd’hui et la sagesse des femmes du passé.
La grossesse et l’accouchement sont des phénomènes naturels et merveilleux... Le couple les vit avec moins, parfois pas de souffrance... Le contexte est naturel... les médecins sont là... La femme a des choix...
Et l’enfant est assuré d’une douce naissance. |