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Le partage des tâches à la maison
Le papa cigale et la maman fourmi?

par Valérie Millette

Évolution des sexes et redéfinition de la paternité obligent, le partage des responsabilités est un sujet chaud. Des auteurs, chercheurs et journalistes déplorent, statistiques à l’appui, que la femme québécoise s’occupe encore de presque toutes les tâches domestiques et parentales, et ce, même si elle passe de plus en plus d’heures au bureau. Que fait le papa pendant tout ce temps? Il écoute de la musique, se coupe les ongles et pense à son avenir? Essayons de comprendre le phénomène.

 Quelques statistiques

  • En 1998, les femmes québécoises consacraient, chaque jour, deux fois plus de temps que les hommes aux activités domestiques.
  • En 2005, les femmes canadiennes passaient environ 6,5 heures par jour à s’occuper du ménage, des repas, de l’entretien et des réparations diverses, de l’achat des biens et de l’obtention des services, alors que les hommes n’y investissaient que 2,1 heures.
  • Au sein des couples canadiens ayant des enfants de moins de 6 ans, 49,7 % des femmes travaillent à temps plein.
  • En 2004, au Canada, 70 % des femmes dont le plus jeune enfant avait entre 3 et 5 ans effectuaient un travail rémunéré.
  • Les mères canadiennes accordent 5 fois plus de leur temps que les hommes à donner des soins aux enfants.

La femme en fait beaucoup… plus!

C’est clair, les mères en font beaucoup plus. Même si la population féminine active ne cesse de croître, les mamans doivent souvent assumer une triple charge de travail : l’emploi rémunéré, les tâches parentales et les activités ménagères.

Qu’en est-il de l’emploi du temps des papas? Selon les études québécoises et canadiennes, les hommes passent, chaque jour, environ 2 heures de plus au bureau. Normal, direz-vous, le revenu moyen des femmes qui occupent un emploi est toujours considérablement plus bas que celui des hommes. Aussi bien investir là où c’est plus payant!

Blâmer le papa?

Ceux qui tirent des conclusions hâtives diront que les hommes sont à blâmer. Pourquoi? Parce que quand on veut, on peut! Si les pères désiraient vraiment prendre part aux corvées et à l’éducation des enfants, ils diminueraient sans hésiter les heures qu’ils passent au bureau. Par conséquent, les mères auraient plus de temps à investir dans leur carrière, elles gagneraient plus d’argent et elles verraient enfin prendre forme une réelle équité dans le partage des responsabilités à la maison. Problème réglé!

Hélas, c’est plus compliqué que ça! En effet, des études récentes prouvent que les hommes dont la conjointe occupe un poste à temps plein consacrent moins d’heures à leur travail rémunéré et s’impliquent davantage à la maison. Pourtant, dans ces mêmes familles, ce sont encore les mamans qui en font plus. Cela dit, même quand les pères passent moins de temps au bureau, le problème persiste. Dans ce cas, examinons d’autres pistes.



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Papa extraordinaire et maman critiqueuse

Le sociologue et chercheur Germain Dulac, Ph.D., de l’Université McGill, mentionne, dans un article paru dans la revue Défi jeunesse, que les pères du Québec ont tendance à sélectionner les tâches qui apportent une plus grande dose de gratification. D’autres auteurs sont du même avis : on dit que les hommes en général sont rebutés par les activités « ordinaires » (donner le bain, faire les lunchs, passer l’aspirateur, etc.) et qu’ils préfèrent les jeux, les loisirs et les sorties, car ceux-ci n’ont rien d’obligatoire. Le papa serait oisif, donc.

D’un autre côté, plusieurs livres sur la paternité rapportent que, si les pères se retirent des soins aux enfants et des tâches domestiques, c’est parce que leur conjointe veut tout faire. Selon ces auteurs, la plupart des mères sont intransigeantes quand à la façon de faire du papa et imposent leur propre mode d’emploi. Les hommes, découragés par les nombreuses critiques, finissent par abandonner les responsabilités ménagères et éducatives pour aller chercher de la valorisation dans les activités amusantes avec les enfants (ou en solitaire… comme laver la voiture).

On le voit bien, la problématique du partage des tâches domestiques et parentales est plus complexe qu’elle ne le laisse paraître. A priori, on est tenté d’incriminer les hommes, mais, en fouillant un peu, on constate qu’une foule de facteurs sont en cause. C’est loin d’être le statut quo dans les couples modernes : le rôle de chacun est en constante évolution. Des complications mineures sont inévitables!

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