Clampage et banques de sang
Par Eddy Verbeeck
Le sang du bébé; une richesse… mais pour qui?
De plus en plus d’hôpitaux du Québec, surtout dans les grandes villes, offrent aux mamans de récolter le sang placentaire, riche en cellules souches, à des fins de recherches ou encore pour les utiliser à des fins thérapeutiques. Ce prélèvement nécessite obligatoirement un clampage précoce et soulève donc à nouveau le débat sur la pertinence de cette pratique.
Dès 2008, l’hôpital Maisonneuve Rosemont cultivera les cellules souches en laboratoire à partir de cellules souches sanguines ou provenant du cordon ombilical. L’institution en a fait l’annonce en septembre 2006, initiant, du même coup, la construction d’un centre d’excellence en thérapie cellulaire au coût de 9 millions de dollars.
Les cellules souches ont l’avantage de pouvoir se reproduire pour créer tous les types de cellules dans le corps. La « culture » des cellules souches est une technique qui permet de traiter divers cancers en régénérant les tissus du corps. Elle est utilisée notamment pour la greffe de la moelle osseuse chez les patients pour qui on ne trouve pas de donneur compatible. On estime qu’un malade sur trois ne peut recevoir de greffe faute de donneur compatible.
Le nouveau centre servira à isoler une petite quantité de cellules anticancer et de les multiplier en laboratoire pour en obtenir de grandes quantités.
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Où prélever les cellules souches
Chez l’embryon
Aujourd’hui, les cellules souches embryonnaires sont obtenues à partir d’embryons de cinq à sept jours issus de fécondations in vitro. Elles sont donc obtenues à partir d'embryons humains créés en éprouvette et ne sont par conséquent non implantées dans l’utérus.
Cependant, l’utilisation de ces cellules soulève des problèmes éthiques importants puisque toutes ces expériences aboutissent à la production d’embryons humains à des fins expérimentales et qu’elle passe nécessairement par la destruction de l'embryon dont elles sont issues L'utilisation des cellules souches prélevées sur des embryons dépend surtout du statut qu’on veut bien donner à celui-ci dans les premiers stades de son développement. N'est-il qu'un condensé de cellules ou peut-il être considéré comme une future personne à part entière? Le débat reste ouvert dans plusieurs pays. Au Canada, la loi n'autorise que la recherche sur des cellules embryonnaires issues des embryons surnuméraires (non utilisés) résultant d'une fécondation in vitro.
Chez l’adulte
Les études sur les cellules souches adultes ont montré qu’elles étaient présentes dans de nombreux tissus et qu’elles pouvaient donner naissance à des cellules propres au tissu donné. Au cours de ces dernières années, on a découvert des cellules souches pluripotentes (qui peuvent engendrer tous les tissus de l'organisme) dans la moelle osseuse.
Les cellules souches des tissus adultes peuvent avoir des propriétés voisines des cellules embryonnaires humaines, cependant, elles sont plus rares (une cellule souche pour dix ou quinze milles autres cellules dans la moelle osseuse) et plus difficiles à identifier. Mais, la recherche avance rapidement et permet d’envisager des résultats plus concluants à moyen terme.
À partir du placenta
Le sang du cordon ombilical est particulièrement riche en cellules souches. Les cellules souches du sang de cordon ombilical peuvent être prélevées à la naissance et conservées pour un usage ultérieur. Elles sont utilisées à des fins de recherche ou pour soigner par thérapie cellulaire le donneur ou ses frères et sœurs. Il existe une centaine de banques de sang de cordon ombilical, principalement en Europe et en Amérique du Nord, qui se chargent de leur conservation.
Ce prélèvement du sang placentaire nous intéresse particulièrement puisqu’il met directement en cause le moment du clampage.
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