Identiques ou fraternels
Geneviève Labonté
Félicitations! Vos petits viennent de naître, et encore, quelques jours après, vous vous questionnez toujours. Identiques, fraternels, comment s’y retrouver?
Pas que c’est nécessairement essentiel à savoir, mais ça nous pique toujours la curiosité. Et combien de fois se le fait-on rappeler? « Sont-tu identiques vos jumeaux? » Toutes les personnes qui nous posent la question sont bien intentionnées, et ne croient pas que la question soit si nébuleuse. La face de la dame à l’épicerie qui pose la question innocemment, quand on lui répond « Je ne le sais pas ». Quoi? Ils le sont, ou ils ne le sont pas? Facile à poser comme question, mais pas facile à expliquer comme réponse...
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Identiques ou monozygotes?
Ce sont les deux termes pour désigner des jumeaux nés d’un seul ovule fécondé. On dit que c’est une « erreur de la nature », qui se produit dans environ 25 à 33 % des cas, car c’est dû à une surdivision cellulaire dans les premiers jours après la fécondation. Belle erreur par contre! Selon le temps de la division, ils seront plus ou moins identiques physiquement. Bien sûr, plus ils sont identiques, plus ils ont en commun d’« accessoires » durant la grossesse... placenta et sac amniotique.
Mais, comment sont-ils plus identiques?
Lorque la division cellulaire se produit dans les 2 jours suivant la fécondation, ils auront chacun un placenta et un sac amniotiques (2 chorions, 2 amnions); c’est 25 à 30 % des cas. Lorsque la division se produit entre le 3e et le 7e jour, ils se partagent un placenta, mais ont chacun leur sac amniotique (1 chorion, 2 amnions); c’est la majorité des cas, 70 %. Si la division se produit entre le 8e et le 14e jour, c’est le gros lot, ils se partagent un placenta et un sac amniotique (1 amnion, 1 chorion); c’est aussi les plus rares, 1 % des cas.
Fraternels ou dizygotes?
2 ovules fécondés par 2 spermatozoïdes. Deux frères ou soeurs ou frère et soeur nés en même temps. C’est tout. Ils ont le même bagage que s’ils étaient nés de 2 grossesses séparées et représentent 66 % à 75 % des grossesses. Par contre, ils ont partagé l’exiguïté du milieu utérin, et sans aucun doute, ils ont un rapprochement que le reste de la fratrie n’aura pas. Ils peuvent se ressembler beaucoup (comme les autres dans la famille), ou être complètement différents... tout dépend du bagage génétique reçu. Ah oui, c’est eux qui « courent » dans les familles. Attention, par contre, la surovulation est une qualité de mère, qui se transmet de mère en fille, mais pas toujours! Aucun paternel ne « transmet » la gémellité. Leur placenta peut être soudé et ressembler à un seul placenta, mais généralement, ils en ont 2 complètement séparés.
Donc, comment savoir?
On peut pas toujours se fier aux médecins, car même eux, se font jouer le tour. 2 placentas? Fraternels... Pas toujours! La façon la plus efficace, c’est le test d’ADN. C’est fait par frottis buccal, prélevé à la maison dans les joues des bébés. On envoie le tout, et quelques jours plus tard, on reçoit le résultat.
C’est donc à vous de décider... est-ce que ça vaut la peine de répondre à la question : « Sont-ils identiques? ».
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