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Papa et l'accouchement Impression de la page

L’accouchement : assister ou attendre de l’autre côté de la porte?
Valerie Millette

Vous rêvez de vous déguiser en courant d’air dès les premières contractions. Vous redoutez la vue du sang ou d’une épisiotomie, et assister impuissant à la souffrance de votre compagne ne vous dit rien. Malgré tout, comme la plupart des futurs papas aujourd’hui, vous prendrez part à la naissance de votre bébé. Pourquoi? Est-ce devenu une obligation?

On a enfin tourné la page sur la caricature du père qui fait les cent pas dans le couloir enfumé de l’hôpital pendant que la femme enfante derrière une porte close. Toutefois, même si les CLSC et les hôpitaux encouragent les hommes à assister à l’accouchement, il reste que ces derniers ont toujours le choix. Le choix de vivre ou non cet événement inoubliable… le choix d’affronter ou non les peurs remorquées à ce genre d’expérience.

La société évolue
Les générations anciennes ne se posaient pas la question. Longtemps, la présence d’un homme — autre que le médecin — lors d’une naissance  était mal vue. Or, pour diverses raisons, les pères ont fait leur entrée dans la salle d’accouchement. Certaines hypothèses circulent :

  1. La présence du père à l’enfantement apporterait une sécurité affective éclipsée par la déshumanisation de l’accouchement technique et médical;
  2. Le rétrécissement de la cellule familiale pousserait le père à s’impliquer davantage;
  3. Ce serait une suite logique à l’évolution du rapport homme/femme.


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Oui, je le veux!
Avec les années, on a constaté que les familles dont le père avait délibérément assisté à la naissance des enfants en retiraient plusieurs bienfaits. Voici quelques observations faites par ces papas :

  1. Couper le cordon et sortir le bébé procurent des émotions uniques;
  2. Voir la maman accoucher solidifie l’amour et fait grandir à jamais le respect que l’homme voue à sa conjointe;
  3. Assister à l’accouchement contribue à l’éveil de la paternité;
  4. Le papa peut raconter les phases de l’accouchement que la mère a vécues « inconsciemment »;
  5. L’arrivée du bébé en la présence du père donne l’impression que le cercle familial est agrandi, non pas brisé.

Les peurs
En dépit des points positifs, vos craintes persistent. C’est normal! Le truc, c’est de les examiner une à la fois, puis de voir si vous êtes en mesure de les surmonter.

La peur de ne pas être à la hauteur
C’est la plus difficile à affronter. Si vous présagez vomir, vous évanouir, ne pas résister à la vue du sang ou de la douleur, c’est que vous en êtes affligé. Sachez qu’imaginer un accouchement est bien pire que le voir réellement. De plus, bien des hommes ont rapporté avoir vu leurs comportements réguliers radicalement changés lors d’un enfantement, celui-ci étant une expérience si extraordinaire. Les trouillards courent la chance de devenir intrépides, quoi!

La peur de se sentir inutile
La peur de se sentir inutile est inutile. Le travail, c’est la femme qui le fait, pas vous. Inutile, vous le serez forcément au moins une fois au cours de l’accouchement. « Heureusement qu’il était là! », soupirent nombre de nouvelles mamans, alors que les papas certifient n’avoir absolument rien fait et s’être sentis totalement superflus. Ce n’est pas nécessaire de sortir le bébé de ses propres mains pour participer à un accouchement. Souvent, une présence constante et discrète suffit et constitue une aide inestimable pour la maman.

La peur d’être rejeté
L’homme qui a peur du rejet durant l’accouchement craint d’abord que sa compagne lui lance des insultes à cause de la trop grande douleur. Rassurez-vous, cela arrive rarement. Dans le cas contraire, cela ne dure pas longtemps.

Ensuite, il redoute que l’équipe obstétricale ou la sage-femme l’expulse de la chambre. Encore là, rien à craindre, les intervenants sont loin d’être hostiles envers les papas et ils feront tout pour vous mettre à l’aise.

La peur de ne plus désirer sa conjointe
Certains hommes vivent une absence de désir sexuel après l’accouchement. Selon eux, la vulve dilatée de leur conjointe à la sortie du bébé, le sang et les cris ont supprimé toute attirance physique envers leur compagne durant plusieurs mois. Il faut savoir que cette même baisse de désir a été observée chez des hommes qui n’avaient pas assisté à l’accouchement. En réalité, d’autres facteurs seraient en cause : la suite des couches, la fatigue due à l’horaire du bébé et les bouleversements psychologiques. En somme, la présence à l’accouchement n’est pas une cause isolée.

Bref, ce qui compte, c’est que vous en discutiez avec votre conjointe et que vous vous donniez le droit de changer d’avis jusqu’au dernier moment. Être présent à l’accouchement est un choix, pas une obligation. Et, si vous ne vous sentez vraiment pas à l’aise, d’autres options s’offrent à vous, comme demander à une troisième personne d’être présente. Bonne réflexion!

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